samedi 31 janvier 2009

La Chine contre Christie's

Têtes d'animaux en bronze, Chine XVIIIéme siécle




La chine entame une procédure en justice contre la société de vente aux enchères Christie’s, pour empêcher la vente de deux statues en bronze du XVIII faisant parti de la vente Yves Saint Laurent Pierre Bergé. Les deux bronzes représentant deux têtes d'animaux faisaient partie de la fontaine du palais d'été de Pékin érigé par Qianlong au XVIIIe siècle. Ces têtes d'animaux en bronze décoraient une fontaine du jardin du Yuanmingyuan et représentaient les douze animaux du zodiaque chinois. En 1860 les soldats français et britanniques saccagèrent et pillèrent le palais. Cinq têtes sur les douze furent retrouvées et offertes à la Chine par de riches mécènes Chinois. Le gouvernement Chinois à déclaré qu'il ne compte pas acheter ces deux sculptures aux enchères fin février, le procès sera intenté devant un tribunal français en vertu du droit international, soixante sept avocats ont été engagés, affaire à suivre...

vendredi 30 janvier 2009

Interview en direct du Petit Palais, jeudi 29 janvier 2009

Nous sommes allé à la rencontre de Matthieu BERNARD, directeur de l'alliance Française de Macao..

Qu'est ce que l'Alliance Française?

L'Alliance Française est une fondation qui soutient la culture et la langue française dans le monde. Chaque siège d'alliance est indépendant et agit selon ses fonds propres en donnant des cours de Français et en entretenant les liens culturels entre la France et le site d'implantation de l'alliance. L'alliance de Macao est très active au niveau du développement artistique.

Nous avons voulu en savoir un peu plus..



En tant que membre et representant de l'Alliance Française en Chine, quel est votre rôle au niveau du developpement artistique?




Quels artistes choisissez vous et pourquoi? Que souhaitez vous mettre en avant?




Quelle est votre marge de liberté par rapport à la politique chinoise?



jeudi 29 janvier 2009

L'art contemporain chinois malmené par la crise



En cinq ans, les artistes contemporains chinois se sont imposés sur la scène internationale.

C’est une croissance sans précédent puisque l’art contemporain chinois représente déjà un quart du marché mondial.

Mais ce foisonnement d’œuvres laisse à réfléchir et laisse parfois penser qu’il pourrait bien cacher des œuvres médiocres. Et en effet, depuis quelques mois, avant même que la crise ne s’abatte on parlait d’une bulle spéculative sur le marché de l’art contemporain chinois.

Peut-être bien que la crise va permettre de faire une sorte de ménage. Malgré tout certains chiffres semblent alarmants, puisque depuis la crise, la moitié des œuvres ne trouvent plus preneurs, certains artistes changent de carrières, et deux ou trois grandes expositions ont été annulées.

Pire encore, à Dashanzi, le quartier des artistes de Pékin, 50 galeries ont fermées leurs portes en trois mois.

Mais rien ne nous laisse penser que l’art ne rebondira pas avec la Bourse.

« L’art sera toujours l’art […] La crise financière ne va pas changer le monde des artistes. Bien sûr les prix vont baisser pendant quelques temps mais la qualité artistique des œuvres restera toujours là »

samedi 17 janvier 2009

RAPPELS DE VENTES

Zao Wou-Ki, Sans titre, 1986,
216 900 euros, n°710


LE MARCHE DE L’ART CONTEMPORAIN CHINOIS SE RESSERRE SUR SES VALEURS SURES

Le cinq juin 2007, la vente d’Art contemporain chinois totalisait 1 619 900 euros,
36 % des lots vendus et 89% des estimations basses en valeur.

Sur un marché de l’Art contemporain chinois en progression constante, professionnels et collectionneurs essentiellement français et asiatiques se disputaient les oeuvres des incontestables maîtres chinois, déjà largement consacrés par les enchères : Zao Wou-ki,Chu Teh-Chun, Pan Yuliang, Yan Pei-Ming, artistes phares de l’Ecole de Paris, mais aussi Zhang Xiaogang. Plusieurs de ces pièces importantes étaient emportées par denouveaux acheteurs.



L’intérêt des acheteurs allait également aux avant-gardes des années 80, celles des Etoiles et du Pop Politique, confortant la côte des artistes Feng Zhengjie, Wang Guangyi, et Qi Zhilong, élevant celle de Wang Keping et Li Shuang. Plus que vers la scène contemporaine émergente, les enchères se tournaient vers la jeune peinture, soutenant les oeuvres de Zeng Fanzhi, Zhang Qikai, et Yang Qian.



TOP 10 :

1 - Zao Wou-Ki, Sans titre, 1986, huile sur toile, collection particulière parisienne, 216 900 euros, est. 170-200 000 euros, professionnel européen, n° 710

2 - Zhang Xiaogang, Camarade A : Girl, 1999, huile sur toile, 167 300 euros ,
est. 150-200 000 euros, collectionneur français, n°750

3 - Zhang Xiaogang, Camarade A : boy, 1999, huile sur toile 161 100 euros, est.
150-200 000 euros, achat asiatique, n°749

4 - Chu Teh-Chun, Nuances de l’aube, 1998, huile sur toile, Collection M. et Mme Pierreau profit de l’Institut Curie, 112 800 euros, est. 80-120 000 euros, collectionneur français,n°744

5 - Yan Pei-Ming, Mao, 1992, huile sur toile, 111 500 euros, est. 50-70 000 euros, professionnel français, n°770

6 - Pan Yuliang, Nue, 1940, encre de Chine de couleur sur papier, collection particulièreparisienne, 111 500 euros, est. 70-100 000 euros, professionnel taïwanais, n°722

7 - Chu Teh-Chun, Composition, 1978, huile sur toile, 92 900 euros,
est. 70-90 000 !,collectionneur français, n°786

8 - Chu Teh-Chun, Evocation poétique, huile sur toile, 1998, Collection M. et MmePierre au profit de l’Institut Curie, 86 700 euros, est. 80-120 000 euros, professionnel asiatique,n°745

9 - Feng Zhengjie, China China, 2002, huile sur toile, 80 500 euros,
est. 70-100 000 euros, collectionneur français, n°730

10 – Lin Fengmian, Chrysanthèmes, fin des années 1930, encre colorée sur papier contrecollé sur soie, 62 000 euros, est. 35-45 000 euros, professionnel français, n°743

samedi 10 janvier 2009

Petit historique



L’histoire de l’art contemporain chinois prend ses racines au début du XXème siècle, de 1949 à 1989, période durant laquelle l’art chinois est marqué par le contexte politique du pays. En effet, l’art était au service du pouvoir, Mao Zedong a imposé le « réalisme socialiste ». L’état choisi un seul mouvement artistique qui devient officiel, l’art ancien est ainsi rejeté.
L’art fera ainsi l’éloge de ce que prône Mao, le sens de la famille et de la communauté.


Au début des années 80, l’art Contemporain Chinois va aller de l’avant, avec les mouvements de réformes et d’ouvertures du pays engagé par Deng Xiaoping (secrétaire général du parti communiste chinois, il a permis la réapparition des parcelles privées, et une ouverture des marchés, plus libres).
La nouvelle vague artistique de 1979 à 1989 va donc être caractérisée par une liberté d’expression et un renouveau de la création, guidé par un esprit révolutionnaire contre l’art officiel.

Deux mouvements principaux vont se dégager.
Le Political Pop Art, inspiré du mouvement Pop Art, mélangeant des icônes publicitaires comme Coca-Cola avec le style graphique du « réalisme socialiste » le mouvement artistique prôné par Mao.

Le deuxième mouvement qui naît dans cette avant-garde chinoise marqué par un contexte géopolitique qui s’assouplit et par le printemps de Pékin (massacre et violence auprès des étudiants chinois) est le Xiamen Dada. Crée en 1986, ce courant s’inspire à la fois du néo-dadaïsme et du taoïsme (philosophie et religion chinoise, plongeant ses racines dans la culture ancienne).

La principale nouveauté avec l’art contemporain chinois est l’ouverture, le dialogue crée avec les autres cultures, un lien est crée entre l’art occidental et l’art chinois.

L’art chinois va ainsi se faire connaître, et participer à de nombreuses expositions, par exemple la Biennale de Venise, qui, en 1999, accueille une cinquantaine d’artistes chinois. Cet événement va marquer une impulsion dans la scène artistique chinoise. Cet engouement à rendu difficile l’appréciation des œuvres d’art contemporaines chinoise, l’art contemporain étant en effet devenu une source d’investissement très attractive en termes financiers.

La culture et l’art chinois, en quelques mots, c’est un équilibre harmonieux, un subtil dosage entre traditions et innovations, idées chinoise et étrangères, et images religieuses et profanes.

vendredi 9 janvier 2009

La Révolution culturelle et son influence sur l'art contemporain

Historique de la scène artistique chinoise


Pendant cinq mille ans, l’art chinois s’est crée autour de la calligraphie, du paysage et du portrait. Dans les années 1960, le régime communiste est à son apogée en Chine, influence et dicte le panorama artistique à des fins de propagande. Une trentaine d’années de répression plus tard, la scène de l’art commence enfin à frissonner et à se développer pour déboucher à un langage novateur fruit d’une lente mutation qui va de pair avec le déroulement de l’histoire de l’ancien empire du milieu.

En 1966, le communisme guide la politique, l’économie, le social ainsi que la culture.

Culture qui va être mis à mal par Mao Zedong avec l’appel à la purification idéologique, une gigantesque opération de reprise en main consistant en un investissement total des milieux artistiques et militaires : c’est la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne »


Les partisans du maoïsme se lancent alors dans une opération de sapage des « quatre vieilleries » soit éradiquer les fondements traditionnels de la culture chinoise : pensées, coutumes, mœurs, cultures anciennes. Cette « révolution culturelle » est accompagnée de purges, des million d’intellectuels sont envoyés dans les campagnes afin d’y être rééduqués par les paysans.

La propagande est à son apogée grâce aux Gardes Rouges, un mouvement étudiant manipulé, qui avec l’aide d’affiches et de lutte partent à l’assaut de tout opposant à la dictature du prolétariat.


Enfin des « assemblées populaires » sont organisées par les Maoïstes ayant pour but d’expliquer aux artistes ce qu’ils doivent créer sous l’apparence absurde d’un art « démocratique»

L’art officiel prévaut et est instrument de propagande, la purification idéologique se veut un art populaire contre l’art bourgeois où les médiums sont ceux du peuples (affiches, bols). Le Parti fait contribuer de force les plus grands artistes à la Révolution Culturelle ainsi qu’un majorité d’artistes sans créativité particulière.

La culture est alors dans une aporie, comment l’art qui est alors enchaînant au lieu d’être libérant va t-il se développer ?

Les bouleversements à la mort de Mao Zedong


A la mort de Mao et à la fin de la Révolution Culturelle, les artistes ont étés les premiers à remettre en cause le dogmatisme du Parti.


En 1978, Wang Keping est son œuvre « Idol » représentant Mao en Bouddha défie par cette vision iconoclaste l’adoration des masses pour leur chef. Ce geste est alors extraordinaire dans un pays où l’expression culturelle est réprimée et parfois même punie de la peine capitale. Wang Keping, eu une influence majeure dans les prémices du mouvement d’art contemporain en Chine.

Désormais, c’est de Chine même qu’apparaissent les nouvelles expériences picturales parallèlement à une extraordinaire prospérité économique grâce à l’ouverture au libéralisme.


Après l’ère maoïste, de nombreuses expériences ont vu le jour en dépit de la censure du gouvernement. Le groupe « Stars » dont Keping fut un acteur essentiel, est le plus notoire, ces artistes non officiels installèrent en 1979 leurs œuvres devant le Musée National des beaux-arts, l’interêt du public poussa le musée à réinviter le groupe l’année suivante mais la police ne tarda pas à fermer l’exposition. De nombreux artistes quittèrent la Chine, notamment suite aux persécutions suite aux évènements de la Place Tienanmen, mais la dissidence ressurgit quelques années plus tard. L’art bouillonne en Chine, les artistes ont alors commencé à défier de plus en plus le Parti à coups d’happennings artistiques souvent ponctués d’arrestations.


La combativité est au cœur de la scène artistique chinoise et la douleur est au centre des artistes de l’ancienne génération qui utilisaient tous les moyens afin de défier les autorités. Comme Ma Liuming qui exposait son corps nu afin de provoquer le Parti, aujourd’hui cette douleur est moins présente chez les jeunes artistes qui eux proposent un art plus rayonnant, libéré et optimiste. La scène artistique chinoise contemporaine offre désormais au monde des visages d’enfants monumentaux, enfants souriants, le nouveau visage immaculé de la Chine.