dimanche 8 mars 2009
La chine contre Christie's, rebondissement...
En passant par les galeries

De plus en plus de galeries se tournent vers la scène chinoise, devenue un des marché les plus prolifiques du moment. Créée par Jean François Roudillon, il y a dix-sept ans, la Galerie Loft a toujours présenté l'art contemporain et notamment très tôt les artistes de la Figuration Narrative : Errò, Klasen, Rancillac... Depuis 1999 et son association avec Jean-Marc Decrop, expert CNES Art Contemporain Chinois, la Galerie Loft s'est spécialisée dans la présentation de la création contemporaine chinoise pour laquelle elle est un des acteurs les plus actifs du marché. En dehors des expositions d'artistes chinois, Loft organise de nombreuses manifestations culturelles dans des musées et fondations internationales (exposition déjà réalisées en France, Hong Kong, Macau, Brésil, Portugal...). La galerie collabore en Europe avec divers journaux et magazines comme le Monde Diplomatique, le Figaro, Beaux-Arts Magazine, Art and Auction... Elle a effectué de nombreux prêts d'oeuvres chinoises auprès de plus de 25 musées durant les six dernières années. Loft a édité de nombreuses publications, articles, livres et catalogues. Reconnue comme l'une des galeries majeures pour l'art contemporain chinois, elle participe comme invitée aux grandes manifestations (biennales de Shanghai, de Pekin, de Chengdu, de Honk Kong... ) ainsi qu'aux conferences internationales sur l'art contemporain chinois.
De quoi se nourrit le cinéma contemporain chinois ?
Si la grande majorité des films provenant de Hong Kong se rapprochent beaucoup des films d'actions à l'américaine, sont souvent de grosses productions aux immenses budgets et sont "bankable" , le cinéma Taïwanais lui connaît d'autres directions.
A l aide de mini dv, certains réalisateur comme Jia Zhang-ke ont pu réalisé des films à budget réduits. Ces films sont souvent des témoignages de la métamorphose que connaît le pays. Garder une trace de la mutation en montrant qu'elle n'est pas à l'avantage de tout le monde, notamment le monde rurale qui se voit de plus en plus défavorisé voir parfois complètement rasé, ce qui est d'ailleurs le sujet du prochain film de Zhang-ke ( "City 24" qui sort la semaine prochaine dans nos salles parisiennes ).
Ces films ne sont pas diffusés en Chine, ou alors très rarement, non seulement ils ne plaisent pas toujours aux autorités, et malheureusement ils ne suscitent pas tellement l'euphorie auprès du public chinois et la rentabilité n'est pas au rendez-vous dans ces cas là, pourtant ils connaissent un certains succès auprès des festivals, critiques et cinéphiles européens et ce n'est qu'en dvd piratés que les Chinois peuvent se les procurer...
Le changement que vit la société chinoise n'est pas vécu de la même manière par tous, c'est un sujet récurrent dans le cinéma chinois contemporain et l'occident y est très sensible.
samedi 7 mars 2009
Clin d'oeil sur le cinéma chinois contemporain

Les films de Wang Bing, Jia Zhang-ke, Diao Yi-nan sont remarqués dans les festivals internationaux et diffusés sous le manteau en Chine. Le cinéma taiwanais reste dominé par les figures de Hou Hsiao-hsien et de Tsai Ming-liang, cependant de plus en plus amenés à faire leurs films à l'étranger, notamment en France. Hong Kong reste le lieu de production de films de genre populaires et vivaces, avec Johnnie To comme chef de file.
Focus On : Jiang Yanze et la céramique contemporaine

TMSK, entre musique traditionnelle et nouveau rock, un mélange très contemporain..

Ils viennent tout droit de Shanghaï. Ils incarnent la Chine qui bouge, une Chine actuelle, à la fois fière de son histoire ancestrale et en même temps ouverte sur le monde, unique dans ses traditions musicales et poétiques mais vive dans son progrès et sa modernité. Marier ainsi les “lanternes de papier” de Ping Tang au rythme rock de la première heure, combiner savamment une chanson d’amour traditionnelle avec les derniers sons électros, mêler les couleurs du Jade au fluo du disco, voilà le projet de TMSK Band.
Ils étaient à Paris en juin 2008 lors du festival de Saint Denis sous le chapiteau métis. Ils ont donné 3 concerts exclusifs, toujours vetus de leurs costumes traditionnels.
"Les peintres chinois ont la côte" , Article de Philippe Pataud Célérier, Journaliste dans "le monde diplomatique"
Yue Minjun, ExecutionPeinture vendue à Londres par Sotheby’s 4,2 millions d’euros.
Philippe Pataud Célérier.
Rappel des ventes : Oliver Stone vend chez Christie's...
De quoi impressionner les amateurs d'art contemporain chinois!
Les oeuvres vendus par Oliver stone étaient caractérisées par un regard souvent critique sur la société, la culture, et le rôle de l'individu au sein la nation.
Œuvre phare de cette sélection, Bloodline: Big Family No. 2 de Zhang Xiaogang, réalisée en 1995, faisant partie de la série « Big Family » débutée en 1993.
Zhang Xiaogang nous parle de familles chinoises avec un uniformisme des personnages.
jeudi 5 mars 2009
Et la musique dans tout ça ?!
Depuis les années 80, on remarque que la Chine s'ouvre, tout particulièrement dans le domaine de la musique !
La musique traditionnelle chinoise est à la fois très ancienne et très variée. Il est difficile de dénombrer les différents styles musicaux du pays. En effet, il existe souvent des musiques différentes selon les régions du pays.
D'une manière plus technique, la musique instrumentale chinoise est jouée en solo ou dans des petits ensembles de cordes frottées ou pincées, de flûtes (de bambou ou guzheng), de cymbales et de percussions.
Pour mieux comprendre l'info, voici IGO, un groupe composé de deux membres qui nous livre un disque irrévocablement electro pop tel qu'il pourrait arriver d'Europe.
vendredi 27 février 2009
L'art en Chine et la Censure

Aujourd’hui la censure en Chine reste pointilleuse sur les sujets sensibles, un peu moins sur ce qui a attrait au sexe mais toujours autant en ce qui concerne la politique.
Pour le salon de l’Art Shanghai, les autorités de censure locale font toujours une visite avant l’ouverture, et c’est un passage obligé pour toutes les manifestations culturelles qui ont lieu sur le sol chinois.
Le bureau de la culture de Shanghai a été particulièrement sévère lors de cette dernière manifestation qu’est l’Art Shanghai, de très nombreuses œuvres ont été censurées, liées de près ou de loin à Mao, à la révolution culturelle ou encore à la nudité.
Le galeriste allemand Michael Schultz a d’ailleurs dit à ce propos :
" En ce moment, le gouvernement n'est pas très ouvert à cause des problèmes du Tibet. Avant les JO, je pensais que la Chine était en train de s'ouvrir, mais maintenant j'ai l'impression qu'elle est encore plus fermée qu'avant "
dimanche 15 février 2009
Interview de Michel Nuridsany

Ecrivain, critique, auteur de L’art contemporain chinois (Flammarion, 2004), Michel Nuridsany est commissaire de l’exposition Une Chine peut en cacher une autre, présentée du 17 janvier au 27 février à la galerie Anne de Villepoix. Pour Ici la Chine, il revient sur la genèse de cet évènement et sur la situation de l’art contemporain chinois.
MN : Elle est née avant tout d’une rencontre avec Anne de Villepoix, que je connais depuis longtemps. Nous avons un rapport de confiance, ce qui est très important. Mais cette exposition est surtout née du fait que je trouve qu’on a jusqu’à présent très mal montré la situation chinoise.
Le titre «Une Chine peut en cacher une autre» est un déjà une déclaration. J’ai participé à l’exposition au Centre Pompidou, [Alors la Chine ?, 2003, Ndlr.] en faisant la sélection vidéo, mais je n’aime pas du tout cette exposition, de même que je n’ai pas aimé l’exposition de chez Pierre Cardin...
Ici, j’ai voulu montrer la jeune scène. Resituons un peu l’histoire chinoise. La tradition chinoise est une tradition de peinture à l’encre sur soie. Dans cette peinture, il y a un seul geste, et ce geste est parfait ou nul. La peinture à l’huile, en Chine, est considérée comme vulgaire, parce qu’elle permet le repentir, la correction.
Quand on parle d’artistes contemporains, il y avait à l’époque à la fois des impressionnistes et d’autres comme Huang Yong Ping, qui a fait quelque chose d’extraordinaire : Il voulait exposer ses peintures, ce qu’on lui a interdit. Qu’a-t-il fait ? Il brûle toutes ses peintures et expose le tas de cendres !
En Chine, le gouvernement ne donnait pas d’aides aux artistes, ils avaient même des difficultés à sortir. Ce sont donc des marchands occidentaux qui sont venus et qui ont véhiculé un art plutôt facile, qui pouvait se vendre, ressemblant à du pop art 40 ans après.
En 99-2002, il y a eu une période d’effervescence formidable. On commence à expérimenter de tous côtés, il y a des jeunes, et, pour la première fois, des filles. Cela se passe plutôt à Shanghai, avec des artistes comme Xu Zhen. Ces jeunes artistes sont allés très loin, bizarrement sans subir de répression du Régime. Cela a duré trois ans, depuis l’exposition "Fuck Off" et pendant les Biennales de 2000 et de 2002. Après c’est retombé.
ILC : Pourquoi est-ce retombé selon vous ?
MN : Je pense que ça ne reposait pas sur des bases très solides. Il y avait quatre ou cinq galeries à Shanghai, de même qu’à Pékin. Entre temps, Pékin s’est considérablement développée, avec plus de 300 galeries rien qu’à l’espace 798, qui est l’espace central. Shanghai est un peu en régression. La Biennale a été en régression aussi, la foire n’a pas pris... Tout simplement parce que les gens ne travaillent pas bien. La Chine est un pays compliqué, il faut accepter d’apprendre.
ILC : Justement, on a beaucoup accusé le marché de l’art contemporain chinois d’être avant tout spéculatif. Qu’en pensez-vous ?
MN : Bien sûr. Ce qui a fait que l’art s’est développé à Pékin plutôt qu’à Shanghai est qu’il y a eu les ventes aux enchères, et le gouvernement chinois s’est aperçu que l’art contemporain valait quelque chose. Mais il y a toujours de la censure, surtout sur la politique et la sexualité.
J’ai pris conscience d’un fait il y a deux ans : jusqu’à présent, c’était la vidéo qui était intéressante en Chine, tout simplement parce qu’ils l’ont découverte presque en même temps que nous. On a vraiment commencé en 90 et eux en 2000, ils n’avaient pas plusieurs siècles de « retard » comme pour la peinture à l’huile. Il y a une dizaine d’artistes de niveau vraiment international.
Récemment, je me suis rendu compte que c’était dans la photographie que des choses nouvelles arrivaient. J’ai découvert un très jeune artiste - dans une exposition par ailleurs extrêment mauvaise -, Dong Yonglong. Il est encore élève à l’Ecole des Beaux-arts de Pékin. Et en allant dans cette école, j’ai vu un réel changement.
Il y a dix ans, l’enseignement, et les élèves, étaient très académiques. Il y en avait seulement un qui sortait du lot. Aujourd’hui, tous les élèves sont bons, travaillent ensemble et créent des réseaux au lieu de se concurrencer. Ce jeune artiste m’en a fait rencontrer une autre...
Là encore, il y a confirmation des filles. En Corée, il y a eu en 94-95 une exposition féminine, qui a donné quelque chose de très très fort parce que les filles ont fait sauter le couvercle en Corée. En Chine, le changement se fait peu à peu. Je ne suis même pas sûr que les Chinois s’en aperçoivent.
ILC : Cette exposition sur la jeune scène chinoise s’est faite comme ça, par réseau, ou aviez-vous déjà des noms en tête ?
MN : Lors de mon dernier voyage, en octobre, j’ai trouvé un photographe et une vidéaste, Ye Funa, en qui j’ai beaucoup d’espoir. Il y a aussi Yang Yumin, dont j’avais vu le travail il y a un an et que j’avais montrée au Passage de Retz en 2008. Elle a fait un travail formidable sur les fous : la vidéo d’un garçon et d’une fille malades mentaux, qui expliquent avec de grands sourires à quel point ils sont heureux.
Ce sont les plus jeunes. Il y a aussi deux artistes connus, mais pas en France : Feng Mengbo et Zhen Guogu. Ke Yin habite un peu partout, à Philadelphie, Paris et Pékin. Ses dessins sont bourrés de figures qu’il faut repérer. La sculpture de Sun Xue est elle aussi très intéressante. Il y a aussi la présence de la peinture avec Yan Li, qui fait une peinture photographique avec des empâtements...
ILC : Vous avez voulu que tous les médiums soient présents ?
MN : Je pensais au départ à la présence de la photo. D’autre part, je suis la vidéo, mais elle ne se renouvelle pas vraiment. Je présente aussi une oeuvre de Zhou Yongyang et Mian en néon. Je me suis presque excusé car beaucoup d’artistes en Chine jouent sur ce genre de critique tellement soft du communisme... Mais celle-ci est réussie. Mon propos est de montrer des artistes qui sont des artistes avant d’être chinois. Et non pas Chinois puis artistes.
ILC : Le fait que ces artistes vivent ou non en Chine a-t-il une importance pour vous ?
MN : La Chine est un pays immense, qui subit des transformations incroyables. Quand j’ai écrit mon livre sur l’art contemporain chinois, la critique américaine m’a reproché de ne pas montrer la diaspora. C’est un point de vue politique, selon lequel les artistes restés en Chine seraient proches du gouvernement, et ceux qui sont partis seraient les opposants. Je trouve ça ridicule. L’intéressant est le point de vue artistique, de savoir s’ils sont bons ou non.
ILC : Quand vous proposez de montrer une autre Chine, est-ce contre cette idée et le mouvement spéculatif dont vous parliez tout à l’heure ?
MN : C’est pas contre, mais pour redresser la barre disons. Je trouve qu’on a montré d’abord la Chine avant de montrer les artistes. C’est plutôt contre ça que je me bats.
ILC : Cette exposition a-t-elle un écho en Chine, pour montrer ces artistes là-bas...
MN : Vous savez, il y a tellement de galeries en Chine que si un artiste n’est pas montré c’est qu’il n’en a pas envie... Cela dit, lors de mon dernier voyage j’ai vu que certaines avaient fermé. Le problème c’est qu’il n’y a pas de directeurs de galeries. Ils font du garage.
Il y a quelques galeries européennes, bien implantées, qui font un très bon travail de défrichage. La galerie Shangart, à Shanghaï, est présente sur toutes les foires internationales.
Quand j’ai connu la Chine en 1996, il y avait des boutiques Dior et Hermés, avec un tube de rouge à lèvres et personne pour l’acheter. Maintenant, on fait la queue dans des restaurants branchés, on écoute la même musique qu’à New York... Le bouleversement est immense.
Mais, il y a toujours de la censure. Quand les censeurs s’y mettent, ils peuvent venir tous les jours dans une galerie. Ce n’est pas le cas pour tous, mais il arrive qu’ils passent tous les jours. Il ne faut pas négliger cet aspect. Je dois dire « attention » aux artistes qui me font un tableau idyllique autant qu’à ceux qui font un tableau catastrophique de la Chine...
Finalement c’est un pays normal, avec des pics qui vont très loin de chaque côté : l’économie est ultralibérale mais le Parti communiste reste très puissant et influence l’intime. C’est pour montrer cette complexité qu’il est bien de montrer de plus en plus d’artistes. Et tant que je pourrai le faire, je continuerai.
Propos recueillis par Pascaline Vallée
jeudi 5 février 2009
Chen Man, jeune star de la photo chinoise
.......................Chen Man, Vision, 2005, 154 x 150 cmChen Man est la nouvelle icone de la photo de mode chinoise.
Née en 1980 à Beijing, elle a déja fait de nombreuses couvertures de magazines de mode.
Le régime politique en Chine a souvent interdit aux artistes d'exprimer pleinement leur art mais Chen Man a évolué dans un univers moins fermé suite au mouvement d'ouverture et de réformes de Deng Xiaoping.
L'art de Chen Man est lisse et coloré. Il repose sur un traitement spécifique de la couleur, un maquillage excessif, un effet glossy. Ses modèles photographiés sont à la fois des poupées de cire aux couleurs assidulées mais aussi des pin-up sombres mais intrigantes.
Le secret de cette jeune photographe réside dans son habilité à combiner la photographie et le logiciel de retouche numérique et 3D.
Une jeune photographe prometteuse et déja reconnue en Chine à découvrir très prochainement en France !
dimanche 1 février 2009
Yan Pei Ming au Louvre
Yan Pei Ming et un artiste chinois né à Shanghai en 1960. Rejeté par la Shanghai Art & Design School il décide de partir à Paris en 1980. Depuis 1988 la particularité de Yan Pei Ming est de peindre des portraits réalisés en noir et blanc (ou rouge et blanc), de manière apparemment impulsive et au réalisme sans concessions, des portrait en gros plan qui leurs confèrent une puissance étonnante et un style bien particulier qu'il à su affirmer. Le Louvre a décidé de lui consacrer une exposition du 18 février au 18 mai 2009, dans les salles renaissance et XIXème. La confrontation se fera entre ses toiles monumentales et les œuvres plus "classique" du Louvre.
samedi 31 janvier 2009
La Chine contre Christie's
vendredi 30 janvier 2009
Interview en direct du Petit Palais, jeudi 29 janvier 2009
En tant que membre et representant de l'Alliance Française en Chine, quel est votre rôle au niveau du developpement artistique?
Quels artistes choisissez vous et pourquoi? Que souhaitez vous mettre en avant?
Quelle est votre marge de liberté par rapport à la politique chinoise?
jeudi 29 janvier 2009
L'art contemporain chinois malmené par la crise

En cinq ans, les artistes contemporains chinois se sont imposés sur la scène internationale.
C’est une croissance sans précédent puisque l’art contemporain chinois représente déjà un quart du marché mondial.
Mais ce foisonnement d’œuvres laisse à réfléchir et laisse parfois penser qu’il pourrait bien cacher des œuvres médiocres. Et en effet, depuis quelques mois, avant même que la crise ne s’abatte on parlait d’une bulle spéculative sur le marché de l’art contemporain chinois.
Peut-être bien que la crise va permettre de faire une sorte de ménage. Malgré tout certains chiffres semblent alarmants, puisque depuis la crise, la moitié des œuvres ne trouvent plus preneurs, certains artistes changent de carrières, et deux ou trois grandes expositions ont été annulées.
Pire encore, à Dashanzi, le quartier des artistes de Pékin, 50 galeries ont fermées leurs portes en trois mois.
Mais rien ne nous laisse penser que l’art ne rebondira pas avec la Bourse.
« L’art sera toujours l’art […] La crise financière ne va pas changer le monde des artistes. Bien sûr les prix vont baisser pendant quelques temps mais la qualité artistique des œuvres restera toujours là »
samedi 17 janvier 2009
RAPPELS DE VENTES
LE MARCHE DE L’ART CONTEMPORAIN CHINOIS SE RESSERRE SUR SES VALEURS SURES
Le cinq juin 2007, la vente d’Art contemporain chinois totalisait 1 619 900 euros,
36 % des lots vendus et 89% des estimations basses en valeur.
Sur un marché de l’Art contemporain chinois en progression constante, professionnels et collectionneurs essentiellement français et asiatiques se disputaient les oeuvres des incontestables maîtres chinois, déjà largement consacrés par les enchères : Zao Wou-ki,Chu Teh-Chun, Pan Yuliang, Yan Pei-Ming, artistes phares de l’Ecole de Paris, mais aussi Zhang Xiaogang. Plusieurs de ces pièces importantes étaient emportées par denouveaux acheteurs.
L’intérêt des acheteurs allait également aux avant-gardes des années 80, celles des Etoiles et du Pop Politique, confortant la côte des artistes Feng Zhengjie, Wang Guangyi, et Qi Zhilong, élevant celle de Wang Keping et Li Shuang. Plus que vers la scène contemporaine émergente, les enchères se tournaient vers la jeune peinture, soutenant les oeuvres de Zeng Fanzhi, Zhang Qikai, et Yang Qian.
TOP 10 :
1 - Zao Wou-Ki, Sans titre, 1986, huile sur toile, collection particulière parisienne, 216 900 euros, est. 170-200 000 euros, professionnel européen, n° 710
2 - Zhang Xiaogang, Camarade A : Girl, 1999, huile sur toile, 167 300 euros ,
est. 150-200 000 euros, collectionneur français, n°750
3 - Zhang Xiaogang, Camarade A : boy, 1999, huile sur toile 161 100 euros, est.
150-200 000 euros, achat asiatique, n°749
4 - Chu Teh-Chun, Nuances de l’aube, 1998, huile sur toile, Collection M. et Mme Pierreau profit de l’Institut Curie, 112 800 euros, est. 80-120 000 euros, collectionneur français,n°744
5 - Yan Pei-Ming, Mao, 1992, huile sur toile, 111 500 euros, est. 50-70 000 euros, professionnel français, n°770
6 - Pan Yuliang, Nue, 1940, encre de Chine de couleur sur papier, collection particulièreparisienne, 111 500 euros, est. 70-100 000 euros, professionnel taïwanais, n°722
7 - Chu Teh-Chun, Composition, 1978, huile sur toile, 92 900 euros,
est. 70-90 000 !,collectionneur français, n°786
8 - Chu Teh-Chun, Evocation poétique, huile sur toile, 1998, Collection M. et MmePierre au profit de l’Institut Curie, 86 700 euros, est. 80-120 000 euros, professionnel asiatique,n°745
9 - Feng Zhengjie, China China, 2002, huile sur toile, 80 500 euros,
est. 70-100 000 euros, collectionneur français, n°730
10 – Lin Fengmian, Chrysanthèmes, fin des années 1930, encre colorée sur papier contrecollé sur soie, 62 000 euros, est. 35-45 000 euros, professionnel français, n°743
samedi 10 janvier 2009
Petit historique

vendredi 9 janvier 2009
La Révolution culturelle et son influence sur l'art contemporain
Pendant cinq mille ans, l’art chinois s’est crée autour de la calligraphie, du paysage et du portrait. Dans les années 1960, le régime communiste est à son apogée en Chine, influence et dicte le panorama artistique à des fins de propagande. Une trentaine d’années de répression plus tard, la scène de l’art commence enfin à frissonner et à se développer pour déboucher à un langage novateur fruit d’une lente mutation qui va de pair avec le déroulement de l’histoire de l’ancien empire du milieu.
En 1966, le communisme guide la politique, l’économie, le social ainsi que la culture.
Culture qui va être mis à mal par Mao Zedong avec l’appel à la purification idéologique, une gigantesque opération de reprise en main consistant en un investissement total des milieux artistiques et militaires : c’est la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne »
Les partisans du maoïsme se lancent alors dans une opération de sapage des « quatre vieilleries » soit éradiquer les fondements traditionnels de la culture chinoise : pensées, coutumes, mœurs, cultures anciennes. Cette « révolution culturelle » est accompagnée de purges, des million d’intellectuels sont envoyés dans les campagnes afin d’y être rééduqués par les paysans.
La propagande est à son apogée grâce aux Gardes Rouges, un mouvement étudiant manipulé, qui avec l’aide d’affiches et de lutte partent à l’assaut de tout opposant à la dictature du prolétariat.
Enfin des « assemblées populaires » sont organisées par les Maoïstes ayant pour but d’expliquer aux artistes ce qu’ils doivent créer sous l’apparence absurde d’un art « démocratique»
L’art officiel prévaut et est instrument de propagande, la purification idéologique se veut un art populaire contre l’art bourgeois où les médiums sont ceux du peuples (affiches, bols). Le Parti fait contribuer de force les plus grands artistes à la Révolution Culturelle ainsi qu’un majorité d’artistes sans créativité particulière.
La culture est alors dans une aporie, comment l’art qui est alors enchaînant au lieu d’être libérant va t-il se développer ?
Les bouleversements à la mort de Mao Zedong
A la mort de Mao et à la fin de la Révolution Culturelle, les artistes ont étés les premiers à remettre en cause le dogmatisme du Parti.
En 1978, Wang Keping est son œuvre « Idol » représentant Mao en Bouddha défie par cette vision iconoclaste l’adoration des masses pour leur chef. Ce geste est alors extraordinaire dans un pays où l’expression culturelle est réprimée et parfois même punie de la peine capitale. Wang Keping, eu une influence majeure dans les prémices du mouvement d’art contemporain en Chine.
Désormais, c’est de Chine même qu’apparaissent les nouvelles expériences picturales parallèlement à une extraordinaire prospérité économique grâce à l’ouverture au libéralisme.
Après l’ère maoïste, de nombreuses expériences ont vu le jour en dépit de la censure du gouvernement. Le groupe « Stars » dont Keping fut un acteur essentiel, est le plus notoire, ces artistes non officiels installèrent en 1979 leurs œuvres devant le Musée National des beaux-arts, l’interêt du public poussa le musée à réinviter le groupe l’année suivante mais la police ne tarda pas à fermer l’exposition. De nombreux artistes quittèrent la Chine, notamment suite aux persécutions suite aux évènements de la Place Tienanmen, mais la dissidence ressurgit quelques années plus tard. L’art bouillonne en Chine, les artistes ont alors commencé à défier de plus en plus le Parti à coups d’happennings artistiques souvent ponctués d’arrestations.
La combativité est au cœur de la scène artistique chinoise et la douleur est au centre des artistes de l’ancienne génération qui utilisaient tous les moyens afin de défier les autorités. Comme Ma Liuming qui exposait son corps nu afin de provoquer le Parti, aujourd’hui cette douleur est moins présente chez les jeunes artistes qui eux proposent un art plus rayonnant, libéré et optimiste. La scène artistique chinoise contemporaine offre désormais au monde des visages d’enfants monumentaux, enfants souriants, le nouveau visage immaculé de la Chine.



