dimanche 8 mars 2009

La chine contre Christie's, rebondissement...

Les deux Bronzes Chinois de la vente Yves Saint Laurent Pierre Bergé, ont trouvé preneur. L’acheteur qui avait acquis les deux sculptures par téléphone à plus de 31 millions d’euros, à révélé son identité officiellement lundi 2 mars lors d’une conférence de presse à Pékin. Cai Mingchao, l’acheteur, directeur d'une petite maison d'enchères à Xiamen, a indiqué qu'il était de son devoir de refuser de payer, «au nom du peuple chinois ».Le gouvernement Chinois, soupçonné d’avoir fait pression à déclaré par le biais du directeur de l'administration du patrimoine chinois, que le gouvernement chinois s'est tenu à l'écart de cette vente. Le délai de payement d’une semaine s’étant écoulé, Christie’s donne à Mr Mingchao un délai supplémentaire de 4 semaines. En cas de non payement Pierre Bergé à déclaré qu’il gardera les deux bronzes.

En passant par les galeries


De plus en plus de galeries se tournent vers la scène chinoise, devenue un des marché les plus prolifiques du moment. Créée par Jean François Roudillon, il y a dix-sept ans, la Galerie Loft a toujours présenté l'art contemporain et notamment très tôt les artistes de la Figuration Narrative : Errò, Klasen, Rancillac... Depuis 1999 et son association avec Jean-Marc Decrop, expert CNES Art Contemporain Chinois, la Galerie Loft s'est spécialisée dans la présentation de la création contemporaine chinoise pour laquelle elle est un des acteurs les plus actifs du marché. En dehors des expositions d'artistes chinois, Loft organise de nombreuses manifestations culturelles dans des musées et fondations internationales (exposition déjà réalisées en France, Hong Kong, Macau, Brésil, Portugal...). La galerie collabore en Europe avec divers journaux et magazines comme le Monde Diplomatique, le Figaro, Beaux-Arts Magazine, Art and Auction... Elle a effectué de nombreux prêts d'oeuvres chinoises auprès de plus de 25 musées durant les six dernières années. Loft a édité de nombreuses publications, articles, livres et catalogues. Reconnue comme l'une des galeries majeures pour l'art contemporain chinois, elle participe comme invitée aux grandes manifestations (biennales de Shanghai, de Pekin, de Chengdu, de Honk Kong... ) ainsi qu'aux conferences internationales sur l'art contemporain chinois.

Liste des meilleures galeries d'art contemporain chinois :
- Galerie Loft : 3, bis rue des Beaux Arts 75006 Paris
- Galerie Liapo Huang : 16 rue Dauphine 75006 Paris
- Galerie Cathay :131 rue du Faubourg Saint Honoré 75008 Paris
- Centre Culturel de la Chine à Paris : 1 boulevard de la Tour Maubourg 75007 Paris.

De quoi se nourrit le cinéma contemporain chinois ?

Une question évidente et fondamentale se pose : est ce que la créativité des cinéastes est nourrie ne serait ce que partiellement par l'essor incroyable que connaît la Chine depuis quelques années ?

Si la grande majorité des films provenant de Hong Kong se rapprochent beaucoup des films d'actions à l'américaine, sont souvent de grosses productions aux immenses budgets et sont "bankable" , le cinéma Taïwanais lui connaît d'autres directions.
A l aide de mini dv, certains réalisateur comme Jia Zhang-ke ont pu réalisé des films à budget réduits. Ces films sont souvent des témoignages de la métamorphose que connaît le pays. Garder une trace de la mutation en montrant qu'elle n'est pas à l'avantage de tout le monde, notamment le monde rurale qui se voit de plus en plus défavorisé voir parfois complètement rasé, ce qui est d'ailleurs le sujet du prochain film de Zhang-ke ( "City 24" qui sort la semaine prochaine dans nos salles parisiennes ).

Ces films ne sont pas diffusés en Chine, ou alors très rarement, non seulement ils ne plaisent pas toujours aux autorités, et malheureusement ils ne suscitent pas tellement l'euphorie auprès du public chinois et la rentabilité n'est pas au rendez-vous dans ces cas là, pourtant ils connaissent un certains succès auprès des festivals, critiques et cinéphiles européens et ce n'est qu'en dvd piratés que les Chinois peuvent se les procurer...

Le changement que vit la société chinoise n'est pas vécu de la même manière par tous, c'est un sujet récurrent dans le cinéma chinois contemporain et l'occident y est très sensible.

samedi 7 mars 2009

Clin d'oeil sur le cinéma chinois contemporain


En marge des cinéastes "officiels", dont des représentants de la "cinquième génération" comme Zhang Yimou ou Chen Kaige, autrefois en délicatesse avec le régime mais réalisant aujourd'hui des fresque historiques académiques, se développe un cinéma plus ou moins clandestin ayant transformé la nécessité économique du tournage en numérique en véritable esthétique propre à rendre compte des mutations de la Chine contemporaine.

Les films de Wang Bing, Jia Zhang-ke, Diao Yi-nan sont remarqués dans les festivals internationaux et diffusés sous le manteau en Chine. Le cinéma taiwanais reste dominé par les figures de Hou Hsiao-hsien et de Tsai Ming-liang, cependant de plus en plus amenés à faire leurs films à l'étranger, notamment en France. Hong Kong reste le lieu de production de films de genre populaires et vivaces, avec Johnnie To comme chef de file.

Focus On : Jiang Yanze et la céramique contemporaine


La céramique chinoise est particulièrement connue pour la porcelaine qu'elle a inventé.
C'est un art très ancien puisqu'on peut le dater de plus de 4000 ans avant Jesus Christ.
Mais la céramique, de nos jours, se développe encore; tant sur le plan des formes que sur le plan technique. En voici la preuve avec ce Focus On.



Jiang Yanze fait partie de la nouvelle génération de céramistes chinois:
Diplômée de l’Institut des Beaux Arts de Nankin et de l’Institut de céramique de Jingdezhen, elle a su peu à peu se faire une place dans le monde artistique Chinois.
Le travail de cette artiste est intéressant puisqu'il combine matériaux artisanaux traditionnels et conception contemporaine de l'art.
En effet, sa particularité est qu'elle travaille exclusivement sur la porcelaine. Ses compositions tendent vers l'abstraction et la conceptualisation. Ces oeuvres prennent place dans un cadre traditionnel. On voit alors apparaître des formes uniques constituées de matériaux quotidiens comme ces tasses, bols ou vases...

TMSK, entre musique traditionnelle et nouveau rock, un mélange très contemporain..



Ils viennent tout droit de Shanghaï. Ils incarnent la Chine qui bouge, une Chine actuelle, à la fois fière de son histoire ancestrale et en même temps ouverte sur le monde, unique dans ses traditions musicales et poétiques mais vive dans son progrès et sa modernité. Marier ainsi les “lanternes de papier” de Ping Tang au rythme rock de la première heure, combiner savamment une chanson d’amour traditionnelle avec les derniers sons électros, mêler les couleurs du Jade au fluo du disco, voilà le projet de TMSK Band.

Ils étaient à Paris en juin 2008 lors du festival de Saint Denis sous le chapiteau métis. Ils ont donné 3 concerts exclusifs, toujours vetus de leurs costumes traditionnels.
TMSK en image :












"Les peintres chinois ont la côte" , Article de Philippe Pataud Célérier, Journaliste dans "le monde diplomatique"

Yue Minjun, Execution
Peinture vendue à Londres par Sotheby’s 4,2 millions d’euros.

Si l’art chinois contemporain fut un temps si prisé par les Occidentaux, c’est d’abord parce qu’il ne coûtait pas grand-chose, comprenait des artistes de qualité et pouvait rapporter beaucoup. Avec une Chine qui compte trois cent mille foyers millionnaires, ils tablaient sur ce réflexe chauvin qui pousse l’acheteur à privilégier les artistes de sa nationalité. A la veille des Jeux olympiques, certains collectionneurs auraient même été encouragés pour que le pays puisse s’enorgueillir de quelques artistes dépassant le million de dollars. C’est désormais chose faite. Sur les cent premiers artistes mondiaux classés par Artprice (« Le marché de l’art contemporain », Paris, 2007), selon le produit de leurs ventes (entre juillet 2006 et juin 2007), figurent déjà une trentaine d’artistes chinois. Mais le marché est parfois rebelle : la peinture de Yue Minjun, Execution, représentant des condamnés hilares devant un peloton d’exécution, place Tiananmen, est actuellement le tableau chinois le plus cher (si l’on excepte une œuvre de Cai Guo-Qiang, mais l’artiste vit aux Etats-Unis). Elle a été vendue à Londres par Sotheby’s 4,2 millions d’euros. Toute ressemblance avec la répression du mouvement démocratique de 1989 est bien sûr purement fortuite, comme le clame l’artiste. La liberté est à ce prix.


Philippe Pataud Célérier.

Rappel des ventes : Oliver Stone vend chez Christie's...

Cinq œuvres contemporaines chinoises signées Zhang Xiaogang, Liu Wei, Gu Wenda et Tang Zhigang provenant de la collection du cinéaste Oliver Stone ont été proposées aux enchères à Hong Kong le 1er décembre 2008 chez Christie's. L'ensemble était estimé à 5,1 millions de dollars (environ 3,7 millions d'euros).
De quoi impressionner les amateurs d'art contemporain chinois!

Les oeuvres vendus par Oliver stone étaient caractérisées par un regard souvent critique sur la société, la culture, et le rôle de l'individu au sein la nation.



Œuvre phare de cette sélection, Bloodline: Big Family No. 2 de Zhang Xiaogang, réalisée en 1995, faisant partie de la série « Big Family » débutée en 1993.



Zhang Xiaogang nous parle de familles chinoises avec un uniformisme des personnages.

jeudi 5 mars 2009

Et la musique dans tout ça ?!

Bien que politiquement toujours très fermée, la Chine connait peu à peu une "occidentalisation".
Depuis les années 80, on remarque que la Chine s'ouvre, tout particulièrement dans le domaine de la musique !

La musique traditionnelle chinoise est à la fois très ancienne et très variée. Il est difficile de dénombrer les différents styles musicaux du pays. En effet, il existe souvent des musiques différentes selon les régions du pays.
D'une manière plus technique, la musique instrumentale chinoise est jouée en solo ou dans des petits ensembles de cordes frottées ou pincées, de flûtes (de bambou ou guzheng), de cymbales et de percussions.


C'est au XIXe siècle que la musique moderne a fait son entrée en Chine avec notamment la création des premiers enregistrements sonores et l'apparition des "stars" de la musique.

De nos jours, la Chine constitue un véritable marché dans l'univers de la musique.



Il y a une volonté d'occidentalisation, si l'on peut dire, car la plupart des chants sont en anglais et le style des nouveautés suit la mode mondiale. Ceci ouvre des portes à un plus large public.



Pour mieux comprendre l'info, voici IGO, un groupe composé de deux membres qui nous livre un disque irrévocablement electro pop tel qu'il pourrait arriver d'Europe.

vendredi 27 février 2009

L'art en Chine et la Censure



Aujourd’hui la censure en Chine reste pointilleuse sur les sujets sensibles, un peu moins sur ce qui a attrait au sexe mais toujours autant en ce qui concerne la politique.

Pour le salon de l’Art Shanghai, les autorités de censure locale font toujours une visite avant l’ouverture, et c’est un passage obligé pour toutes les manifestations culturelles qui ont lieu sur le sol chinois.
Le bureau de la culture de Shanghai a été particulièrement sévère lors de cette dernière manifestation qu’est l’Art Shanghai, de très nombreuses œuvres ont été censurées, liées de près ou de loin à Mao, à la révolution culturelle ou encore à la nudité.

Le galeriste allemand Michael Schultz a d’ailleurs dit à ce propos :

" En ce moment, le gouvernement n'est pas très ouvert à cause des problèmes du Tibet. Avant les JO, je pensais que la Chine était en train de s'ouvrir, mais maintenant j'ai l'impression qu'elle est encore plus fermée qu'avant "

dimanche 15 février 2009

Interview de Michel Nuridsany



Ecrivain, critique, auteur de L’art contemporain chinois (Flammarion, 2004), Michel Nuridsany est commissaire de l’exposition Une Chine peut en cacher une autre, présentée du 17 janvier au 27 février à la galerie Anne de Villepoix. Pour Ici la Chine, il revient sur la genèse de cet évènement et sur la situation de l’art contemporain chinois.

ILC : Pourriez-vous me raconter la genèse de l’exposition Une Chine peut en cacher une autre ?

MN : Elle est née avant tout d’une rencontre avec Anne de Villepoix, que je connais depuis longtemps. Nous avons un rapport de confiance, ce qui est très important. Mais cette exposition est surtout née du fait que je trouve qu’on a jusqu’à présent très mal montré la situation chinoise.
Le titre «Une Chine peut en cacher une autre» est un déjà une déclaration. J’ai participé à l’exposition au Centre Pompidou, [Alors la Chine ?, 2003, Ndlr.] en faisant la sélection vidéo, mais je n’aime pas du tout cette exposition, de même que je n’ai pas aimé l’exposition de chez Pierre Cardin...
Ici, j’ai voulu montrer la jeune scène. Resituons un peu l’histoire chinoise. La tradition chinoise est une tradition de peinture à l’encre sur soie. Dans cette peinture, il y a un seul geste, et ce geste est parfait ou nul. La peinture à l’huile, en Chine, est considérée comme vulgaire, parce qu’elle permet le repentir, la correction.
A partir de Mao, vers 1949, la peinture à l’huile arrive en force, influencée par l’art réaliste socialiste, et on fait de la peinture pratiquement de propagande. A partir de 85-87, apparaît le groupe, très important, des étoiles. Cela a été un renversement total.
Quand on parle d’artistes contemporains, il y avait à l’époque à la fois des impressionnistes et d’autres comme Huang Yong Ping, qui a fait quelque chose d’extraordinaire : Il voulait exposer ses peintures, ce qu’on lui a interdit. Qu’a-t-il fait ? Il brûle toutes ses peintures et expose le tas de cendres !
Il y a une ensuite toute une période que je ne trouve pas très intéressante, qui est la plus connue. Pourquoi des artistes comme Wang Guang Yi [auteur notamment de la série Great Criticism, dans laquelle il juxtapose des symboles de la société occidentale et des images de propagande du parti communiste chinoise, Ndlr.] sont-ils arrivés sur la scène occidentale ?
En Chine, le gouvernement ne donnait pas d’aides aux artistes, ils avaient même des difficultés à sortir. Ce sont donc des marchands occidentaux qui sont venus et qui ont véhiculé un art plutôt facile, qui pouvait se vendre, ressemblant à du pop art 40 ans après.
En 99-2002, il y a eu une période d’effervescence formidable. On commence à expérimenter de tous côtés, il y a des jeunes, et, pour la première fois, des filles. Cela se passe plutôt à Shanghai, avec des artistes comme Xu Zhen. Ces jeunes artistes sont allés très loin, bizarrement sans subir de répression du Régime. Cela a duré trois ans, depuis l’exposition "Fuck Off" et pendant les Biennales de 2000 et de 2002. Après c’est retombé
.

ILC : Pourquoi est-ce retombé selon vous ?

MN : Je pense que ça ne reposait pas sur des bases très solides. Il y avait quatre ou cinq galeries à Shanghai, de même qu’à Pékin. Entre temps, Pékin s’est considérablement développée, avec plus de 300 galeries rien qu’à l’espace 798, qui est l’espace central. Shanghai est un peu en régression. La Biennale a été en régression aussi, la foire n’a pas pris... Tout simplement parce que les gens ne travaillent pas bien. La Chine est un pays compliqué, il faut accepter d’apprendre.

ILC : Justement, on a beaucoup accusé le marché de l’art contemporain chinois d’être avant tout spéculatif. Qu’en pensez-vous ?


MN : Bien sûr. Ce qui a fait que l’art s’est développé à Pékin plutôt qu’à Shanghai est qu’il y a eu les ventes aux enchères, et le gouvernement chinois s’est aperçu que l’art contemporain valait quelque chose. Mais il y a toujours de la censure, surtout sur la politique et la sexualité.
J’ai pris conscience d’un fait il y a deux ans : jusqu’à présent, c’était la vidéo qui était intéressante en Chine, tout simplement parce qu’ils l’ont découverte presque en même temps que nous. On a vraiment commencé en 90 et eux en 2000, ils n’avaient pas plusieurs siècles de « retard » comme pour la peinture à l’huile. Il y a une dizaine d’artistes de niveau vraiment international.
Récemment, je me suis rendu compte que c’était dans la photographie que des choses nouvelles arrivaient. J’ai découvert un très jeune artiste - dans une exposition par ailleurs extrêment mauvaise -, Dong Yonglong. Il est encore élève à l’Ecole des Beaux-arts de Pékin. Et en allant dans cette école, j’ai vu un réel changement.
Il y a dix ans, l’enseignement, et les élèves, étaient très académiques. Il y en avait seulement un qui sortait du lot. Aujourd’hui, tous les élèves sont bons, travaillent ensemble et créent des réseaux au lieu de se concurrencer. Ce jeune artiste m’en a fait rencontrer une autre...
Là encore, il y a confirmation des filles. En Corée, il y a eu en 94-95 une exposition féminine, qui a donné quelque chose de très très fort parce que les filles ont fait sauter le couvercle en Corée. En Chine, le changement se fait peu à peu. Je ne suis même pas sûr que les Chinois s’en aperçoivent.


ILC : Cette exposition sur la jeune scène chinoise s’est faite comme ça, par réseau, ou aviez-vous déjà des noms en tête ?

MN : Lors de mon dernier voyage, en octobre, j’ai trouvé un photographe et une vidéaste, Ye Funa, en qui j’ai beaucoup d’espoir. Il y a aussi Yang Yumin, dont j’avais vu le travail il y a un an et que j’avais montrée au Passage de Retz en 2008. Elle a fait un travail formidable sur les fous : la vidéo d’un garçon et d’une fille malades mentaux, qui expliquent avec de grands sourires à quel point ils sont heureux.
Ce sont les plus jeunes. Il y a aussi deux artistes connus, mais pas en France : Feng Mengbo et Zhen Guogu. Ke Yin habite un peu partout, à Philadelphie, Paris et Pékin. Ses dessins sont bourrés de figures qu’il faut repérer. La sculpture de Sun Xue est elle aussi très intéressante. Il y a aussi la présence de la peinture avec Yan Li, qui fait une peinture photographique avec des empâtements...

ILC : Vous avez voulu que tous les médiums soient présents ?

MN : Je pensais au départ à la présence de la photo. D’autre part, je suis la vidéo, mais elle ne se renouvelle pas vraiment. Je présente aussi une oeuvre de Zhou Yongyang et Mian en néon. Je me suis presque excusé car beaucoup d’artistes en Chine jouent sur ce genre de critique tellement soft du communisme... Mais celle-ci est réussie. Mon propos est de montrer des artistes qui sont des artistes avant d’être chinois. Et non pas Chinois puis artistes.

ILC : Le fait que ces artistes vivent ou non en Chine a-t-il une importance pour vous ?


MN : La Chine est un pays immense, qui subit des transformations incroyables. Quand j’ai écrit mon livre sur l’art contemporain chinois, la critique américaine m’a reproché de ne pas montrer la diaspora. C’est un point de vue politique, selon lequel les artistes restés en Chine seraient proches du gouvernement, et ceux qui sont partis seraient les opposants. Je trouve ça ridicule. L’intéressant est le point de vue artistique, de savoir s’ils sont bons ou non.

ILC : Quand vous proposez de montrer une autre Chine, est-ce contre cette idée et le mouvement spéculatif dont vous parliez tout à l’heure ?

MN : C’est pas contre, mais pour redresser la barre disons. Je trouve qu’on a montré d’abord la Chine avant de montrer les artistes. C’est plutôt contre ça que je me bats.

ILC : Cette exposition a-t-elle un écho en Chine, pour montrer ces artistes là-bas...

MN : Vous savez, il y a tellement de galeries en Chine que si un artiste n’est pas montré c’est qu’il n’en a pas envie... Cela dit, lors de mon dernier voyage j’ai vu que certaines avaient fermé. Le problème c’est qu’il n’y a pas de directeurs de galeries. Ils font du garage.
Il y a quelques galeries européennes, bien implantées, qui font un très bon travail de défrichage. La galerie Shangart, à Shanghaï, est présente sur toutes les foires internationales.
Quand j’ai connu la Chine en 1996, il y avait des boutiques Dior et Hermés, avec un tube de rouge à lèvres et personne pour l’acheter. Maintenant, on fait la queue dans des restaurants branchés, on écoute la même musique qu’à New York... Le bouleversement est immense.
Mais, il y a toujours de la censure. Quand les censeurs s’y mettent, ils peuvent venir tous les jours dans une galerie. Ce n’est pas le cas pour tous, mais il arrive qu’ils passent tous les jours. Il ne faut pas négliger cet aspect. Je dois dire « attention » aux artistes qui me font un tableau idyllique autant qu’à ceux qui font un tableau catastrophique de la Chine...
Finalement c’est un pays normal, avec des pics qui vont très loin de chaque côté : l’économie est ultralibérale mais le Parti communiste reste très puissant et influence l’intime. C’est pour montrer cette complexité qu’il est bien de montrer de plus en plus d’artistes. Et tant que je pourrai le faire, je continuerai.


Propos recueillis par Pascaline Vallée

jeudi 5 février 2009

Chen Man, jeune star de la photo chinoise

.......................Chen Man, Vision, 2005, 154 x 150 cm

Chen Man est la nouvelle icone de la photo de mode chinoise.

Née en 1980 à Beijing, elle a déja fait de nombreuses couvertures de magazines de mode.

Le régime politique en Chine a souvent interdit aux artistes d'exprimer pleinement leur art mais Chen Man a évolué dans un univers moins fermé suite au mouvement d'ouverture et de réformes de Deng Xiaoping.

L'art de Chen Man est lisse et coloré. Il repose sur un traitement spécifique de la couleur, un maquillage excessif, un effet glossy. Ses modèles photographiés sont à la fois des poupées de cire aux couleurs assidulées mais aussi des pin-up sombres mais intrigantes.

Le secret de cette jeune photographe réside dans son habilité à combiner la photographie et le logiciel de retouche numérique et 3D.



Une jeune photographe prometteuse et déja reconnue en Chine à découvrir très prochainement en France !


dimanche 1 février 2009

Yan Pei Ming au Louvre

Les funérailles de Monna Lisa Yan Pei Ming 2008


L'art contemporain Chinois à la cote.
Yan Pei Ming et un artiste chinois né à Shanghai en 1960. Rejeté par la Shanghai Art & Design School il décide de partir à Paris en 1980. Depuis 1988 la particularité de Yan Pei Ming est de peindre des portraits réalisés en noir et blanc (ou rouge et blanc), de manière apparemment impulsive et au réalisme sans concessions, des portrait en gros plan qui leurs confèrent une puissance étonnante et un style bien particulier qu'il à su affirmer. Le Louvre a décidé de lui consacrer une exposition du 18 février au 18 mai 2009, dans les salles renaissance et XIXème. La confrontation se fera entre ses toiles monumentales et les œuvres plus "classique" du Louvre.

samedi 31 janvier 2009

La Chine contre Christie's

Têtes d'animaux en bronze, Chine XVIIIéme siécle




La chine entame une procédure en justice contre la société de vente aux enchères Christie’s, pour empêcher la vente de deux statues en bronze du XVIII faisant parti de la vente Yves Saint Laurent Pierre Bergé. Les deux bronzes représentant deux têtes d'animaux faisaient partie de la fontaine du palais d'été de Pékin érigé par Qianlong au XVIIIe siècle. Ces têtes d'animaux en bronze décoraient une fontaine du jardin du Yuanmingyuan et représentaient les douze animaux du zodiaque chinois. En 1860 les soldats français et britanniques saccagèrent et pillèrent le palais. Cinq têtes sur les douze furent retrouvées et offertes à la Chine par de riches mécènes Chinois. Le gouvernement Chinois à déclaré qu'il ne compte pas acheter ces deux sculptures aux enchères fin février, le procès sera intenté devant un tribunal français en vertu du droit international, soixante sept avocats ont été engagés, affaire à suivre...

vendredi 30 janvier 2009

Interview en direct du Petit Palais, jeudi 29 janvier 2009

Nous sommes allé à la rencontre de Matthieu BERNARD, directeur de l'alliance Française de Macao..

Qu'est ce que l'Alliance Française?

L'Alliance Française est une fondation qui soutient la culture et la langue française dans le monde. Chaque siège d'alliance est indépendant et agit selon ses fonds propres en donnant des cours de Français et en entretenant les liens culturels entre la France et le site d'implantation de l'alliance. L'alliance de Macao est très active au niveau du développement artistique.

Nous avons voulu en savoir un peu plus..



En tant que membre et representant de l'Alliance Française en Chine, quel est votre rôle au niveau du developpement artistique?




Quels artistes choisissez vous et pourquoi? Que souhaitez vous mettre en avant?




Quelle est votre marge de liberté par rapport à la politique chinoise?



jeudi 29 janvier 2009

L'art contemporain chinois malmené par la crise



En cinq ans, les artistes contemporains chinois se sont imposés sur la scène internationale.

C’est une croissance sans précédent puisque l’art contemporain chinois représente déjà un quart du marché mondial.

Mais ce foisonnement d’œuvres laisse à réfléchir et laisse parfois penser qu’il pourrait bien cacher des œuvres médiocres. Et en effet, depuis quelques mois, avant même que la crise ne s’abatte on parlait d’une bulle spéculative sur le marché de l’art contemporain chinois.

Peut-être bien que la crise va permettre de faire une sorte de ménage. Malgré tout certains chiffres semblent alarmants, puisque depuis la crise, la moitié des œuvres ne trouvent plus preneurs, certains artistes changent de carrières, et deux ou trois grandes expositions ont été annulées.

Pire encore, à Dashanzi, le quartier des artistes de Pékin, 50 galeries ont fermées leurs portes en trois mois.

Mais rien ne nous laisse penser que l’art ne rebondira pas avec la Bourse.

« L’art sera toujours l’art […] La crise financière ne va pas changer le monde des artistes. Bien sûr les prix vont baisser pendant quelques temps mais la qualité artistique des œuvres restera toujours là »

samedi 17 janvier 2009

RAPPELS DE VENTES

Zao Wou-Ki, Sans titre, 1986,
216 900 euros, n°710


LE MARCHE DE L’ART CONTEMPORAIN CHINOIS SE RESSERRE SUR SES VALEURS SURES

Le cinq juin 2007, la vente d’Art contemporain chinois totalisait 1 619 900 euros,
36 % des lots vendus et 89% des estimations basses en valeur.

Sur un marché de l’Art contemporain chinois en progression constante, professionnels et collectionneurs essentiellement français et asiatiques se disputaient les oeuvres des incontestables maîtres chinois, déjà largement consacrés par les enchères : Zao Wou-ki,Chu Teh-Chun, Pan Yuliang, Yan Pei-Ming, artistes phares de l’Ecole de Paris, mais aussi Zhang Xiaogang. Plusieurs de ces pièces importantes étaient emportées par denouveaux acheteurs.



L’intérêt des acheteurs allait également aux avant-gardes des années 80, celles des Etoiles et du Pop Politique, confortant la côte des artistes Feng Zhengjie, Wang Guangyi, et Qi Zhilong, élevant celle de Wang Keping et Li Shuang. Plus que vers la scène contemporaine émergente, les enchères se tournaient vers la jeune peinture, soutenant les oeuvres de Zeng Fanzhi, Zhang Qikai, et Yang Qian.



TOP 10 :

1 - Zao Wou-Ki, Sans titre, 1986, huile sur toile, collection particulière parisienne, 216 900 euros, est. 170-200 000 euros, professionnel européen, n° 710

2 - Zhang Xiaogang, Camarade A : Girl, 1999, huile sur toile, 167 300 euros ,
est. 150-200 000 euros, collectionneur français, n°750

3 - Zhang Xiaogang, Camarade A : boy, 1999, huile sur toile 161 100 euros, est.
150-200 000 euros, achat asiatique, n°749

4 - Chu Teh-Chun, Nuances de l’aube, 1998, huile sur toile, Collection M. et Mme Pierreau profit de l’Institut Curie, 112 800 euros, est. 80-120 000 euros, collectionneur français,n°744

5 - Yan Pei-Ming, Mao, 1992, huile sur toile, 111 500 euros, est. 50-70 000 euros, professionnel français, n°770

6 - Pan Yuliang, Nue, 1940, encre de Chine de couleur sur papier, collection particulièreparisienne, 111 500 euros, est. 70-100 000 euros, professionnel taïwanais, n°722

7 - Chu Teh-Chun, Composition, 1978, huile sur toile, 92 900 euros,
est. 70-90 000 !,collectionneur français, n°786

8 - Chu Teh-Chun, Evocation poétique, huile sur toile, 1998, Collection M. et MmePierre au profit de l’Institut Curie, 86 700 euros, est. 80-120 000 euros, professionnel asiatique,n°745

9 - Feng Zhengjie, China China, 2002, huile sur toile, 80 500 euros,
est. 70-100 000 euros, collectionneur français, n°730

10 – Lin Fengmian, Chrysanthèmes, fin des années 1930, encre colorée sur papier contrecollé sur soie, 62 000 euros, est. 35-45 000 euros, professionnel français, n°743

samedi 10 janvier 2009

Petit historique



L’histoire de l’art contemporain chinois prend ses racines au début du XXème siècle, de 1949 à 1989, période durant laquelle l’art chinois est marqué par le contexte politique du pays. En effet, l’art était au service du pouvoir, Mao Zedong a imposé le « réalisme socialiste ». L’état choisi un seul mouvement artistique qui devient officiel, l’art ancien est ainsi rejeté.
L’art fera ainsi l’éloge de ce que prône Mao, le sens de la famille et de la communauté.


Au début des années 80, l’art Contemporain Chinois va aller de l’avant, avec les mouvements de réformes et d’ouvertures du pays engagé par Deng Xiaoping (secrétaire général du parti communiste chinois, il a permis la réapparition des parcelles privées, et une ouverture des marchés, plus libres).
La nouvelle vague artistique de 1979 à 1989 va donc être caractérisée par une liberté d’expression et un renouveau de la création, guidé par un esprit révolutionnaire contre l’art officiel.

Deux mouvements principaux vont se dégager.
Le Political Pop Art, inspiré du mouvement Pop Art, mélangeant des icônes publicitaires comme Coca-Cola avec le style graphique du « réalisme socialiste » le mouvement artistique prôné par Mao.

Le deuxième mouvement qui naît dans cette avant-garde chinoise marqué par un contexte géopolitique qui s’assouplit et par le printemps de Pékin (massacre et violence auprès des étudiants chinois) est le Xiamen Dada. Crée en 1986, ce courant s’inspire à la fois du néo-dadaïsme et du taoïsme (philosophie et religion chinoise, plongeant ses racines dans la culture ancienne).

La principale nouveauté avec l’art contemporain chinois est l’ouverture, le dialogue crée avec les autres cultures, un lien est crée entre l’art occidental et l’art chinois.

L’art chinois va ainsi se faire connaître, et participer à de nombreuses expositions, par exemple la Biennale de Venise, qui, en 1999, accueille une cinquantaine d’artistes chinois. Cet événement va marquer une impulsion dans la scène artistique chinoise. Cet engouement à rendu difficile l’appréciation des œuvres d’art contemporaines chinoise, l’art contemporain étant en effet devenu une source d’investissement très attractive en termes financiers.

La culture et l’art chinois, en quelques mots, c’est un équilibre harmonieux, un subtil dosage entre traditions et innovations, idées chinoise et étrangères, et images religieuses et profanes.

vendredi 9 janvier 2009

La Révolution culturelle et son influence sur l'art contemporain

Historique de la scène artistique chinoise


Pendant cinq mille ans, l’art chinois s’est crée autour de la calligraphie, du paysage et du portrait. Dans les années 1960, le régime communiste est à son apogée en Chine, influence et dicte le panorama artistique à des fins de propagande. Une trentaine d’années de répression plus tard, la scène de l’art commence enfin à frissonner et à se développer pour déboucher à un langage novateur fruit d’une lente mutation qui va de pair avec le déroulement de l’histoire de l’ancien empire du milieu.

En 1966, le communisme guide la politique, l’économie, le social ainsi que la culture.

Culture qui va être mis à mal par Mao Zedong avec l’appel à la purification idéologique, une gigantesque opération de reprise en main consistant en un investissement total des milieux artistiques et militaires : c’est la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne »


Les partisans du maoïsme se lancent alors dans une opération de sapage des « quatre vieilleries » soit éradiquer les fondements traditionnels de la culture chinoise : pensées, coutumes, mœurs, cultures anciennes. Cette « révolution culturelle » est accompagnée de purges, des million d’intellectuels sont envoyés dans les campagnes afin d’y être rééduqués par les paysans.

La propagande est à son apogée grâce aux Gardes Rouges, un mouvement étudiant manipulé, qui avec l’aide d’affiches et de lutte partent à l’assaut de tout opposant à la dictature du prolétariat.


Enfin des « assemblées populaires » sont organisées par les Maoïstes ayant pour but d’expliquer aux artistes ce qu’ils doivent créer sous l’apparence absurde d’un art « démocratique»

L’art officiel prévaut et est instrument de propagande, la purification idéologique se veut un art populaire contre l’art bourgeois où les médiums sont ceux du peuples (affiches, bols). Le Parti fait contribuer de force les plus grands artistes à la Révolution Culturelle ainsi qu’un majorité d’artistes sans créativité particulière.

La culture est alors dans une aporie, comment l’art qui est alors enchaînant au lieu d’être libérant va t-il se développer ?

Les bouleversements à la mort de Mao Zedong


A la mort de Mao et à la fin de la Révolution Culturelle, les artistes ont étés les premiers à remettre en cause le dogmatisme du Parti.


En 1978, Wang Keping est son œuvre « Idol » représentant Mao en Bouddha défie par cette vision iconoclaste l’adoration des masses pour leur chef. Ce geste est alors extraordinaire dans un pays où l’expression culturelle est réprimée et parfois même punie de la peine capitale. Wang Keping, eu une influence majeure dans les prémices du mouvement d’art contemporain en Chine.

Désormais, c’est de Chine même qu’apparaissent les nouvelles expériences picturales parallèlement à une extraordinaire prospérité économique grâce à l’ouverture au libéralisme.


Après l’ère maoïste, de nombreuses expériences ont vu le jour en dépit de la censure du gouvernement. Le groupe « Stars » dont Keping fut un acteur essentiel, est le plus notoire, ces artistes non officiels installèrent en 1979 leurs œuvres devant le Musée National des beaux-arts, l’interêt du public poussa le musée à réinviter le groupe l’année suivante mais la police ne tarda pas à fermer l’exposition. De nombreux artistes quittèrent la Chine, notamment suite aux persécutions suite aux évènements de la Place Tienanmen, mais la dissidence ressurgit quelques années plus tard. L’art bouillonne en Chine, les artistes ont alors commencé à défier de plus en plus le Parti à coups d’happennings artistiques souvent ponctués d’arrestations.


La combativité est au cœur de la scène artistique chinoise et la douleur est au centre des artistes de l’ancienne génération qui utilisaient tous les moyens afin de défier les autorités. Comme Ma Liuming qui exposait son corps nu afin de provoquer le Parti, aujourd’hui cette douleur est moins présente chez les jeunes artistes qui eux proposent un art plus rayonnant, libéré et optimiste. La scène artistique chinoise contemporaine offre désormais au monde des visages d’enfants monumentaux, enfants souriants, le nouveau visage immaculé de la Chine.