samedi 7 mars 2009

"Les peintres chinois ont la côte" , Article de Philippe Pataud Célérier, Journaliste dans "le monde diplomatique"

Yue Minjun, Execution
Peinture vendue à Londres par Sotheby’s 4,2 millions d’euros.

Si l’art chinois contemporain fut un temps si prisé par les Occidentaux, c’est d’abord parce qu’il ne coûtait pas grand-chose, comprenait des artistes de qualité et pouvait rapporter beaucoup. Avec une Chine qui compte trois cent mille foyers millionnaires, ils tablaient sur ce réflexe chauvin qui pousse l’acheteur à privilégier les artistes de sa nationalité. A la veille des Jeux olympiques, certains collectionneurs auraient même été encouragés pour que le pays puisse s’enorgueillir de quelques artistes dépassant le million de dollars. C’est désormais chose faite. Sur les cent premiers artistes mondiaux classés par Artprice (« Le marché de l’art contemporain », Paris, 2007), selon le produit de leurs ventes (entre juillet 2006 et juin 2007), figurent déjà une trentaine d’artistes chinois. Mais le marché est parfois rebelle : la peinture de Yue Minjun, Execution, représentant des condamnés hilares devant un peloton d’exécution, place Tiananmen, est actuellement le tableau chinois le plus cher (si l’on excepte une œuvre de Cai Guo-Qiang, mais l’artiste vit aux Etats-Unis). Elle a été vendue à Londres par Sotheby’s 4,2 millions d’euros. Toute ressemblance avec la répression du mouvement démocratique de 1989 est bien sûr purement fortuite, comme le clame l’artiste. La liberté est à ce prix.


Philippe Pataud Célérier.

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